Sfax est une Ville où l’on a la réputation de travailler dur. Mais le sfaxien paye des impôts dont il ne profite pas. Il peut constater que des échangeurs s’élancent au ciel d’autres ville, que l’Etat investit et crée des emplois certes, mais ailleurs, dans d’autres villes avec ses contributions alors que lui-même se baigne à la sueur de son labeur. Le citoyen sfaxien voit peu de traces du fruit de son travail si ce n’est la fumée grise qui voile son ciel. Il se réveille au son des klaxons des voitures prisonnières d’embouteillages au long de rues cabossées. Il ne trouve presque pas d’espace vert pour une marche ou une balade en famille : le seul espace, c’est le jardin public qui sert principalement d’abri pour les amoureux cherchant l’intimité entre les arbres aux feuilles grises et de foyer pour les SDF de la ville. Et s’il compte se promener dans les ruelles de la médina, il lui est interdit de voir la beauté des sites historiques à cause de l’implantation de quelque lupanar proche.Il ne peut non plus admirer l’architecture des Hilaliens car les chefs d’oeuvre de celle-ci sont consacrés aux artisans et aux vendeurs de » made in China » . Du coup,le voilà aussi privé de son histoire, étant précisé qu’il n y a presque pas de musée entretenu dans la seconde ville de Tunisie…A la limite, le citoyen de Sfax pourra retrouver une partie de ses impôts investie dans une salle de cinéma ou un théâtre. Celui ci offre une scène où les rares spectacles qui s’y déroulent peinent à soulever la poussière qui a le bonheur d’y vivre en paix la plupart du temps.Au moins trouvera-t-il une plage pour sentir l’air frais loin du brouhaha et des klaxons du centre ville. Hélas cette plage est désormais ornée d’ordures et l’on y trouve toutes sortes de produits toxiques et chimiques. Donc les habitants de Sfax ne peuvent pas se promener au bord de la mer, ni siroter un café en écoutant le son des vagues, ni faire du sport aquatique , sans même parler du plaisir de pêcher … Tout ce qu’il est permis de goûter au bord de nos plages àpart quelques fraiches Celtia au port de Sfax., ce sont les rejets malodorants des usines et les déchets industriels et domestiques. Et la majeure partie de ces nuisances provient de la SIAPE : INDUSTRIE PHOSPHATIERE TUNISIENNE. Une industrie de 896 000 000 (TND) de chifre d’affaire qui si situe au Km 3 de laRoute de Gabès, dans la banlieue Sud de Sfax.
Marwa TURKI


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